Moquette rouge

Je ne sais pas combien il y a de chaises dans cette salle. À la fois beaucoup et pas suffisamment. En effet, dans quelques heures, la salle sera pleine de monde. A priori, il y a plus de 1000 chaises alignés dans les deux directions, il en aurait fallu 1400 mais elles ne sont pas là.

Dans une salle bien plate comme celle-ci, impossible de voir l’orateur depuis le fond, voir du milieu, voir du premier rang ! Alors on accroche six tableaux lumineux au plafond afin de répéter le signal vidéo. Alors on regarde la conférence à la télévision, et on écoute les haut parleur qui diffuse le message de l’orateur.

Mais pourquoi donc se déplacer pour finalement ne rien voir ?

C’est une bonne question. Quel est l’intérêt sachant que les conférences sont filmées, diffusées en direct et rediffusées sur internet. Avec ces seules données à notre disposition, la réponse en clairement non, non cela n’a aucun intérêt… Cependant, en retirant les conférences plénières, trois autres salles étaient disponibles dont un amphithéâtre. Voila d’ailleurs le talon d’Achille de cette conférence, vouloir organiser un grand événement dans une petite ville. L’organisateur est alors obligé d’aligner les chaises peu confortables et fortement serrées. La bière est alors bienvenue le soir sauf ceux qui préfère le Bourgogne mais à jeun, ce n’est pas trop mon truc !

Il est possible de visionner sur le site des JRES quelques vidéos de ces journées ayant eu lieu dans le palais de expositions de Dijon début décembre 2019.

Alors la moquette rouge, vous avez compris pourquoi ?

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Saut d’hiver

Comment passer de l’automne au printemps ? En sautant tout simplement l’hiver. C’est peut-être ce que nous allons avoir dans ce passage de témoin 2019-2020.

En effet, ce dimanche, le jasmin était déjà en fleur, ce qui n’est guère étonnant non plus, il est en fleur tous les ans en hiver. Plus ou moins tôt cependant. Cette année, nous avions déjà des couleurs à Noël. Ce n’est pas parce qu’il est jaune que c’est un jasmin jaune ou Jasminum fruticans. Non, c’est plutôt un jasmin d’hiver ou Jasminum nudiflorum.

Pourquoi ?

Tout simple parce même si le temps est doux, c’est quand même l’hiver et ce jasmin-là est exactement à sa place à cette période de l’année. À noter pour ceux qui pensent qu’avant c’était mieux, c’était surtout différent. Il n’y avait pas de jasmin d’hiver, celui-ci venant de Chine a priori vers 1840, pas avant. Napoléon ne le connaissait pas et ça, c’est une information que je ne savais pas !

Jusqu’à présent, rien de bien nouveau sous les étoiles d’hiver…

En réalité, l’information nouvelle a été donnée en premier. Il s’agit de la première photographie. Un plan de verveine bien vert en janvier, plus de la verveine officinale en pratique. Normalement, les feuilles de verveines se font griller par les premiers grands froids d’hiver. Des feuilles d’automnes en janvier est un témoin supplémentaire du réchauffement en cours. À suivre les hivers prochains…

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Le miracle du Saint Inconnu

Un film commence par son affiche. Celle-ci est des plus réussis. Pas de blabla, pas de surcharge, un homme seul un sac à la main et une colline bien équilibrée.

En pratique, le film ne commence pas tout à fait comme cela. Nous sommes à bord d’une caisse (voiture) qui roule dans cet arrière-pays un peu (carrément) désertique du Maroc. C’est la panne sèche. Saperlipopette se dit notre chauffeur aux aguets, il prend un sac dans son coffre, une pelle qui avait la chance d’être là, monte au sommet de la colline la plus proche, enterre son magot, l’entoure de cailloux afin de lui donner la forme d’une tombe, balance la pelle à l’opposé et redescends de sa colline. La police arrive, fin du premier acte qui dure peut-être 5 min max !

Acte 2, la porte de la prison s’ouvre, notre voleur (Younes Bouab excellent) retrouve sa liberté. Bien sur, il n’a pas oublié qu’un sac bien remplit l’attends au chaud. Un taxi le déposera au pied de la colline.

Un mausolée siège en haut de celle-ci !

À peine 10 min sur les 1h 40 min du film se sont déroulées dans la bobine…

À quelques distances de là, un village de paysan a vu presque tous ses habitants changer de logement afin de s’installer au pied du mausolée du Saint Inconnu. Car là-haut, il se passe des miracles au pied de cette tombe… Notre voleur va appeler un collègue un peu bête, le cerveau, afin de récupérer le magot. Par malchance, celui-ci est surveillé jour et nuit. En parallèle, parmi nos paysans (et un peu plus), il reste quelques Gaulois qui résistent à cette nouvelle religion.

On l’aura compris, le film est rempli d’humour et d’autodérision. Malgré la température locale, c’est un bain de fraîcheur. À la fin tout est bien qui finit bien. Mais pas forcément comme on pourrait le penser ! Bref, un super premier film pour Alaa Eddine Aljem.

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50 ans d’UNIX

Tout est parti d’un post de Stéphane Bortzmeyer sur les 50 ans d’UNIX, ou plutôt de son epoch. Stéphane est quelqu’un de très connu dans la communauté du libre et en général, ce qu’il écrit est non seulement très intéressant mais plus que fiable. Mais là, sur le coup, j’ai eu un doute soudain.

1577836800

L’epoch d’UNIX démarre au 1ᵉʳ janvier 1970 et s’incrémente de 1 chaque seconde. En gros, c’est le nombre de seconde depuis ce premier janvier là. Ainsi, pour les 50 ans d’UNIX, le 1ᵉʳ janvier 2020, l’epoch valait 1577836800 secondes.

# date --date='@0'
jeudi 1 janvier 1970, 01:00:00 (UTC+0100)

# date --date='@1577836800'
mercredi 1 janvier 2020, 01:00:00 (UTC+0100)

Les jours commencent normalement à 0 h pile mais étant sur l’heure de Paris, nous avons une heure de décalage par rapport au temps UTC. En effet, le calcul interne du temps d’une machine UNIX se fait toujours en GMT (Greenwich) contrairement au système Windows de Microsoft qui utilisait en interne le temps local (je ne sais pas ce qu’il advient sur les dernières versions).

Comment arrive-t-on à ce nombre-là ?

Il suffit de faire sur votre calculette ou dans votre terminal Bash le petit calcul suivant :

# echo $(( 3600 * 24 * ( 50 * 365 + 12 ) ))
1577836800

Pour les perdus en Math, on détaille un peu ! Dans un jour, il y a 24 h de 3600 s chacune. On multiplie ce nombre par le nombre d’année et de jour dans l’année soit 50 fois 365. Mais, il ne faut pas oublier qu’il y a des années bissextiles dans lesquelles il y a 1 jour de plus. Vous pouvez refaire le calcul pour montrer qu’il y en a 12 sur cette période (la partie entière de 50/4 donne le bon résultat dans le cas présent).

Rien ne vous choque ?

Si non, passez votre chemin ! Si oui, vous pouvez prolonger la lecture de quelques minutes supplémentaires…

Sur le coup, je me suis dit qu’il n’y a que très peu de chance que le nombre total de seconde entre ces deux premiers janviers finisse par un nombre multiple de 100 (finissant par un double zéro), même si dans la formule nous multiplions par 3600 donc par 100 ! Pourquoi donc ?

Les secondes intercalaires…

Qu’est-ce que c’est que ça ? La seconde intercalaire permet d’ajuster de temps en temps, pas souvent, d’une seconde le temps universel coordonné (UTC) lié au temps atomique international (TAI) afin que ce temps demeure proche du temps universel (UT1) lié à la rotation de la Terre (lentement variable). Eh oui, un jour très lointain, la Terre ne tournera plus sur elle-même.

En bref, on ajoute parfois une seconde ici ou là. Il y a donc des minutes qui durent 61 s et non 60 s. Il est très peu probable d’avoir ajouté 100 s en 50 ans. Effectivement, ce n’est pas le cas.

Comme la commande «date» d’UNIX ne me permet pas de faire un calcul précis du temps, je vais utiliser un petit programme en Perl ayant l’excellente bibliothèque DateTime qui intègre la gestion des secondes intercalaires.

Voici un petit bout de code qu’on peut écrire dans le fichier «date-unix-50years».

#!/usr/bin/perl

use strict;
use DateTime;

my $dt1970 = DateTime->from_epoch(epoch => 0,
   time_zone   => 'Europe/Paris');
my $dt2020 = DateTime->new(
   year        => 2020,
   month       => 01,
   day         => 01,
   hour        => 01,
   minute      => 00,
   second      => 00,
   time_zone   => 'Europe/Paris');

printf "%7i: %10i s\n", 1970, $dt1970->epoch;
printf "%7i: %10i s\n", 2020, $dt2020->epoch;

my $duration = $dt2020->subtract_datetime_absolute($dt1970);
my ($seconds) = $duration->in_units('seconds');

printf "%7s: %10i s\n", 'Elapsed', $seconds;
printf "%7s: %10i s\n", 'Leap', $dt2020->leap_seconds();

On lance le code et voici ce qu’il nous retourne :

# ./date-unix-50years
   1970:          0 s
   2020: 1577836800 s
Elapsed: 1577836827 s
   Leap:         27 s

On retrouve bien les résultats précédents sur les temps epoch. Cela nous arrange quelque part, nous ne sommes pas en train de faire n’importe quoi ! Nous avons utilisé la méthode «subtract_datetime_absolute» qui prend en compte correctement le temps absolu. Par ailleurs, la méthode «leap_seconds» retourne le nombre de secondes intercalaires d’une date donnée.

Il y a donc 1577836827 secondes entre ces deux dates distantes de 50 ans, soit 27 s de plus que ce que nous donnait un bête calcul. Afin de valider tout cela, voici le tableau donnant les secondes intercalaires depuis leur création en 1972. Il y a bien eu 27 secondes ajoutées ces dernières 50 années. Mine de rien, ce n’est pas complètement nul !

Tableau des secondes intercalaires entre 1972 et 2019

Année30 juin
23:59:60
31 déc.
23:59:60
 Année30 juin
23:59:60
31 déc.
23:59:60
197211199710
197301199801
197401199900
197501200000
197601200100
197701200200
197801200300
197901200400
198000200501
198110200600
198210200700
198310200801
198400200900
198510201000
198600201100
198701201210
198800201300
198901201400
199001201510
199100201601
199210201601
199310201700
199410201800
199501201900
199600

On est en droit de se demander pourquoi il y en a de moins en moins depuis les années 2000 ? Mais cela est une autre histoire…

Alors pourquoi l’epoch des systèmes UNIX ne gèrent pas les secondes intercalaires ? Cela est en partie dû à la norme POSIX qui n’est pas cohérente sur le temps. En effet, POSIX exige à la fois des jours durant exactement 86400 s et des dates représentant le temps UTC. Les deux étant incompatibles, il est donc impossible de représenter correctement le temps légal et d’être POSIX. Le choix de respecter une durée journalière en nombre de seconde est (était) le plus simple, le plus rapide et limite le risque de bogue, mais à quelques inconvénients… En pratique, les machines UNIX rattrapent petit à petit cette seconde avant ou après la seconde intercalaire en se synchronisant automatiquement avec des serveurs de temps gérant le protocole NTP. À noter que depuis Windows 10, Microsoft a intégré la gestion des secondes intercalaires au cœur de son système d’exploitation.

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Envol

L’année 2020 est lancée et pour la mettre en image, un petit goéland corse à Bonifacio semble inévitable. Enfin petit, pas tant que cela. Il semble plutôt à l’aise avec son embonpoint, mais sur un oiseau et par un non-spécialiste tel que votre serviteur, ce n’est pas facile de savoir si celui-ci est obèse ou non ! Il semble cependant que non.

Au vu de la distance Corse / Italie ou Corse / Sardaigne, il n’est peut-être juste qu’en vacances quelques jours sur l’île de beauté. Qui sait ?

Comme j’ai trouvé que c’était un goéland qui avait une bonne bouille, notamment un beau cerclage rouge des yeux et de la pliure des lèvres, je me suis demandé de quel goéland il s’agissait. Vaste question… Bien plus vaste que je ne le pensais au premier abord. Il y a une multitude de goélands et pour savoir lequel est le bon, ce n’est pas trivial. Par exemple, voila ce que l’on trouve sur la page du goéland argenté : « La taxonomie du goéland argenté, très complexe, a subi depuis la fin du XXᵉ siècle des modifications importantes qui sont encore en discussion ». Il est clair que nous n’allons pas refaire le monde au vu de quelques photographies de vacances, aussi sympathiques soient-elles…

L’encyclopédie Wikipédia énumère donc 31 espèces de goélands vivant sur notre planète et ne possède que 24 pages spécialisées. Quelques sous-espèces non pas le droit a leur sous page… Pour s’y retrouver, il n’y a qu’une seule méthode, cliquer sur toutes les pages et se faire sa propre opinion. J’étais donc parti sur l’argenté avant de tomber sur le goéland leucophée. La description et le mode de vie semble bien coller au site où nous l’avons flashé à l’arrêt. Cependant, tout connaisseur passant par là peut nous éclairer en cas d’erreur d’aiguillage.

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Avant la nuit

Alors que le jour le plus court est déjà passé, alors que l’année s’éveille déjà, nous sommes toujours au crépuscule de l’an 2019. Encore deux jours avant de basculer sur une nouvelle année, une année identique ou rien ne changera vraiment. La Terre, avec son inertie formidable tourne inlassablement, au même rythme dans le cosmos intersidéral, malgré l’agitation d’une bande de singes à sa surface.

Tout cela tourne sur trois pattes…

Afin d’imager ce passage de témoin, rien de mieux que de ne pas prendre une photographie contemporaine réalisée sans profondeur de champs sous la pluie ou le brouillard ambiant, mais une belle image déjà utilisée à quelques secondes de là par le passé. Une image d’octobre 2017 mise en valeur en janvier 2018 pour vous souhaiter une bonne nuit.

Ainsi le temps s’effiloche aux rythmes des mots, des passages jours et nuits, d’une temporalité qui parfois nous dépasse, mais nous amène sans relâche des rides au visage. Des lignes droites ou arquées, des courbes de niveau, qui plutôt que de nous donner un aspect lisse et fade, donnent à nos réflexions un relief structural.

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Sombre clair

S’il y a quatre saisons dans nos contrées, c’est que l’axe de rotation de la terre n’est pas orthogonal au plan de l’éclipse de son tour autour du soleil. En simple, il y a deux axes de rotation, l’un sur lui-même et l’autre autour du soleil et c’est deux axes ne sont pas parallèles.

Ainsi, le monde est très différent !

Et dans l’hémisphère nord, les jours sont les plus courts au solstice d’hiver puis se rallonge quelques jours après. En effet, le solstice tombe le 21 ou le 22 décembre, parfois le 20 et très rarement le 23. On considère que les jours rallongent à partir du 25, d’où le fait d’avoir posé le jour de Noël à cette date, afin de marquer la naissance de la prochaine année. Entre temps, que se passe-t-il durant cette période sombre ? « Sans l’aide d’outils et de méthodes plus sophistiquées, la datation du solstice présente de trois à cinq jours d’imprécision ». En clair, il est impossible de voir une modification avec un simple sextant ou un astrolabe… Historiquement, par manque de précision, le jour du solstice était tout simplement interpolé, l’humain n’étant pas capable de mesurer une mesure !

Ces temps-là ont bien changé, avec l’aide des satellites, des ordinateurs, de la Lune et des horloges atomiques, la précision va bien au-delà de l’optique et de la mécanique des lunettes anciennes… Ce n’est pas un petit jour de doute, mais une seconde de précision que donnent les tables de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides. Tout cela est devenu si facile qu’il n’y a plis de magie, de mystère. Des choses semblent désormais évidentes alors que notre corps n’y voit que du feu.

Selon l’éclairage de l’instant, indépendamment du jour, une ruelle peut-être lumineuse ou noyé dans la pénombre, comme ici à Bonifacio un jour de printemps 2010. Il aurait été drôle que les photographies soient prises lors d’un équinoxe !

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Le lézard vert

A priori, ce lézard est hyper classique, sa seule originalité est de s’accrocher sur un sac de couleur bleuté. Savez-vous comment s’appelle la classe regroupant les lézards et les serpents ? La squamate ! Il y a aussi tous les amphisbènes dans cette catégorie qui partagent avec ces deux-là ce nom assez magique. Tout cela vous fait certainement une belle jambe et moi aussi. À force de traîner sur l’encyclopédie libre, on en deviendrait presque bon au jeu du Scrabble.

Alors pourquoi un lézard vert ?

J’ai besoin de l’introduire dès aujourd’hui pour pouvoir en faire une référence inverse dans le futur. Mais quid du futur ? Vous pensez bien que si moi je suis capable d’un retour vers le futur, ce n’est évidemment pas votre cas. Comment pourriez-vous savoir ce que je vais vivre alors que vous n’êtes point dans ma tête ? À l’opposé, chacun est capable d’avoir un bout de son futur dans un coin de sa tête, une action claire, bien identifiée qu’il va pouvoir projeter sur l’année future.

Au-delà, cela semble très très loin, de plus en plus flou…

Ne planifions pas trop cependant, un des plaisirs est justement l’instantané de l’instant. Un instant planifié est un non instant. Ce lézard vert, qui aurait pu penser qu’il allait monter sur le poignet de portage du sac pour regarder au loin, telle une sentinelle moyenâgeuse dans sa tour de garde ? Certainement personne. Qui sait ce qu’il a fait ensuite ? Plus personne ne s’en souvient. Cela n’a pas été filmé, il n’y a pas de trace. Ce lézard des murailles est probablement reparti dans ses cailloux et c’est très bien ainsi. Pourquoi tout savoir sur tout, pourquoi vouloir tout enregistrer. Le monde est chaotique, ce n’est pas un savoir instantané qui nous donnera la position future.

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Sobriété touristique

Il commence à devenir classique de voir par chez nous des 4×4 avec des caissons de camping posé dessus. Dans le jargon technique, on appelle cela une cellule amovible. Cela permet de transformer un véhicule en autocaravane plus tout à fait tout terrain. En effet, la condition serait qu’avec le cube ils puissent encore continuer à faire du hors chemin… Mine de rien, cela rajoute tout de même de la masse et du balancier, quand le véhicule ne gagne pas un peu d’embonpoint en largeur.

Quand le véhicule à deux essieux à l’arrière et quatre portes latérales, on peut se permettre tout et donc carrément de déménager sa maison. Je pense que pas mal de personnes vivant dans Paris intra-muros ont moins de mètre carré pour tourner en rond dans leur unique pièce que cette famille en vacances.

Alors ce 4×4 de marque RevCon n’est pas tout à fait un 4×4 classique, car la cellule n’est pas démontable. C’est plus un camping-car tout terrain. Il n’empêche que si celui-ci ne suffit, pas, pourquoi ne pas prendre avec soi deux quads dans une remorque. Et si cela ne suffit point encore, pourquoi pas une remorque dans la remorque…

C’est exactement ce que nous avons croisé il y a un peu plus de 20 ans en Alaska, 50ᵉ état des États-Unis. Et quand je vois que ce genre de dévoreur de gazole pointe son nez chez nous, je suis inquiet sur notre avenir. Qu’avons-nous fait pour parfois (souvent) prendre le pire de nos cousins germains ?

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Un petit tram des cimes

Ce n’est pas la première fois que nous voyons un petit train à crémaillère. Cependant, on n’en voit pas tous les jours ni tous les instants. Notamment en France.

Or celui-là est bien français !

Il est quasiment au cœur de la France dans le pays des volcans dormants. Le dernier s’est endormi il y a 10 000 ans mais pourrait se réveiller demain. À cette échelle de temps des plaques tectoniques, ce nombre de tour du soleil est epsilon, un petit rien. Les habitants de Clermont-Ferrand le savent, la ville est en sursit !

Pourquoi donc vouloir monter à pied au sommet du Puy de Dôme, le plus haut sommet de la chaîne des Puys, alors que cette route en fer vous tend la main ? C’est justement ce que nous avons fait cet été-là car comment faire une mise en boite noire du métal gris en étant soi-même dans une boite de conserve roulante à fenêtre ?

On est donc monté à pied !

Ainsi nous avons pris le temps d’admirer tous ces volcans d’Auvergne… Pour vous, cela peut sembler rien mais pour moi cela veut dire beaucoup.

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La chouette

Complètement par hasard, je suis tombé sur cette histoire de chouette. Stop, inutile de quitter précipitamment la chronique, je vais essayer de la rendre sympathique !

Donc mon rendez-vous avec la chouette s’est faite par le terminus mais reprenons plutôt depuis le début, ce que les personnes devraient voir dans la vraie vie…

Au sol, il y a tout un tas de petite chouette en forme de triangle indiquant une direction. On suit donc bêtement le sens, car nous avons été bien éduqués à l’école de la république. Ainsi on passe de flèche en flèche, on aimerait bien transformer toutes ces flèches en marelle géante mais non, on avance, on se déplace dans la ville.

Et paf, d’un coup, une grosse plaque au sol, bien plus grand que les flèches, avec une belle chouette et un numéro, le 10 par exemple mais normalement plutôt le 1, car les circuits démarre généralement par ce numéro conventionnel. Ayant démarré par la conclusion, j’étais sur le 9 ! Au jeu du Monopoly, jackpot direct de 40 000 crédits ! Bref, pour les besoins de ma chronique future, je suis allé chercher le 10 tout proche mais par respect pour les ouvriers et la réalité tangible, je n’ai pas bidouillé le cliché pour effacer le 0 et créer un pseudo réel plus faux que le vrai.

Bref, le nez collé au sol par cette belle plaque de cuivre, vos yeux se lèvent alors sur votre entourage premier et une belle maison se dresse soudainement devant vous. Ça c’est pour le 10. Clique clique dans la boite à photographie même si cela n’est pas si évident que cela à faire vu le peu de recul qu’il y a dans cette ruelle étroite.

Mais pourquoi au final toutes ces chouettes au sol ?

Il est clair que ce n’est pas juste pour faire beau. Ils auraient pu mettre une maison en colombage vu le nombre de ces maisons dans ce centre-ville et de la qualité de leur conservation. Ils auraient aussi bien mettre une église ou une belle demeure vu leur nombre respectif. Ils auraient pu enfin mettre un damier de tuiles vernissées au vu des toits magnifiques tout en motif de couleurs disperser au cœur de la ville. Mais non, rien de tout cela, juste un petit animal sympathique.

Alors où sommes-nous ?

En effet, il est souvent préférable de conclure la seconde question avant la première, le suspens tien ainsi en haleine et les yeux dévorent les lettres suivantes. Ainsi nous sommes à Dijon, au centre de la Côte-d’Or, une zone sans plage ni océan…

Il est possible de dire qu’à Dijon la chouette a pleins de liens sur le web. C’est la véritable star locale :

Vous aurez compris je le pense que la chouette est au numéro 9 !

Finalement, une image valant mieux qu’un bon baratin, voici deux photographies de la bête en action. Éviter de faire comme le touriste moyen, inutile de la toucher et de se passer les microbes de mains en mains. Respecter au-delà des siècles le travail de l’artiste.

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Terminal 2F

Où pourrait-on avoir un terminal 2F ailleurs que sur la région parisienne. Un terminal 2, il est possible d’en trouver en province mais aller jusqu’à la lettre F, c’est tout simplement aller au-delà de la mare à Canard de la commune voisine !

Ainsi nous sommes à Roissy, plus précisément Roissy-Charles-de-Gaulle et plus officiellement Aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. C’est fou comme la commune ayant donné son nom à un aéroport se fait virer des tablettes au bout d’un certain nombre d’année en France. Ici bien sur est désigné la ville Roissy-en France.

Notre-Dame-des-Landes, battez-vous pour votre nom !

Ah zut, j’ai quelques années de retard, l’aéroport Nantais est enterré sous la tourbe… Un autre cas plus proche de chez nous est arrivé. Eh oui, cela arrive près de chez vous !

Le sympathique aéroport Lyon-Satolas s’est un jour mué en Lyon-Saint-Exupéry… Pourtant, la commune de Satolas avait bien donné son territoire et le département de l’Isère une partie de ses hectares ! La reconnaissance éternelle et les remerciements ne sont pas un témoin qui se transmet de politique en politique. La chevalerie moyenâgeuse est très loin derrière nous.

Revenons à nos armures.

Le terminal 2F est tout de métal ceinturé. Pas de béton, pas de grosse poutrelle, pas de lamellé collé. Nous sommes ici face à une cotte de mailles faite de barre et de nœud.

C’est clair, c’est beau, c’est simple. Enfin, cela semble simple car c’est loin d’être simple de faire une structure discrète avec des tuiles en verres, résistant à tout temps. Entre les différences de températures entre l’hiver et l’été, entre la nuit et le jour, c’est un challenge de ne pas avoir de fuite à chaque averse !

Lors d’un transit à Roissy, si le temps si prête, prenez les secondes nécessaires pour faire un petit détour vers ce hall.

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La caillasse de Bure

Nous sommes sur la façade ouest du plateau de Bure. Elle est très caractéristique et visible de très loin. De mémoire, du mont Ventoux le massif est reconnaissable.

Alors, qu’est-ce qu’on voit ?

Un énorme tas de caillasse… Mine de rien, c’est pas tous les jours qu’on a un tas pareil en face de soi. Il faut dire aussi qu’il n’y a pas tant de massif calcaire atteignant plus de 2500 m ! Le pic de Bure est 2709. Cependant, ce n’est pas lui que nous voyons sur les photographies ci-dessus. De gauche à droite, nous avons la tête d’Aurouze (2587 m), la tête de la Cluse (2680 m) et la tête des Pras Arnaud (2618 m), soit déjà deux sommets parmi les dix premiers du massif du Dévoluy, et trois parmi les quinze.

Mais pourquoi les massifs plus haut ne caillassent pas ?

Je me demande si je vais vraiment essayer de répondre à cette question tellement sa réponse me semble triviale ! Je pense donc la laisser pour plus tard si vraiment cela intéresse le public nombreux.

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Mort sur son volcan

Ce n’est pas en France qu’il manque d’arbre mort. Comme tout être vivant, la plante pousse, grandit puis un jour s’éteint. Ainsi va le passage de témoin entre les générations.

Sur ces deux photographies, ce sont deux arbres différents qui sont captés pour un moment d’éternité supplémentaire. En effet, il n’est point sûr qu’ils soient encore tous les deux sur pied. Sept ans ont passé depuis cette prise d’image. Il faisait bien beau en cette fin juillet 2012, pas de pluie à l’horizon.

J’ai l’impression que nous sommes sur le puy de Côme, un sommet exceptionnel en double cône, chose assez rare et de mémoire le seul de la chaîne des Puys au cœur de l’Auvergne. Le premier est sur les premières pentes, le dernier est sur les dernières ! C’est d’une logique implacable à qui la comprends.

Le truc qui me plaît avec tous ces arbres morts, ce sont leurs capacités à résister à toutes les intempéries : les tempêtes de vents mais surtout les neiges d’automne, d’hiver et de printemps, très lourdes, qui cassent même les branches les plus vivantes par chez nous. Bonus terminal, ils sont très souvent hypers photogéniques.

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Un monde plus grand

Voila un titre carrément à la mode. Dans notre finitude actuelle, comme repousser les limites de la sphère qui nous accueille actuellement ? Faut-il désespérer et tomber dans un consumérisme toujours plus poussé ? Cela semble la voie du plus grand nombre, nos gouvernants semblant plus préoccupés de maintenir les rentes des milliardaires les finançant que de changer profondément de cap.

D’autres (parfois les mêmes) semblent persuadés que les étoiles pourraient être la voie. Avec la chine renaissante, la course à la Lune est le nouveau marchepied du marathon vers la planète Mars, projet cependant peu réaliste en l’état de notre savoir spatial. La Lune, nouveau territoire et nouvelle colonie qui résoudrait tous nos problèmes ?

Parfois, inutile de faire 50 000 km pour entrevoir un début de réponse. Aller au cinoche du coin peut être une bonne ouverture. En cela le film de Fabienne Berthaud est parfait. Le monde est carrément plus grand après la projection qu’avant !

L’histoire semble assez simple et est tirée de la vie de Corine Sombrun qu’elle a couchée sur le papier en 2004 : « Mon initiation chez les chamanes ». D’ailleurs, malgré quelques simplifications narratives (Corine réalise son premier voyage chamanique au Pérou) bienvenues (cela reste un film), l’esprit est là. On part donc en Mongolie à la rencontre d’un hameau et du fameux tambour. À noter que les habitants de ces quelques familles vivent sous des tipis et non des yourtes mongoles, c’est peut être plus classique qu’on ne le pense. Les tipis semblent plus faciles à fabriquer et à transporter que les yourtes, mais aussi un peu plus petits. Bref, le tambour va permettre à notre héroïne de passer en transe et de découvrir, petit à petit, un monde bien plus grand que prévu.

Au-delà des effets de paysages sublimes, de la folle vie de nos villes et du temps suspendus de ces contrées lointaines, le film livre un message d’espoir permettant à tout un chacun de s’arranger au mieux avec son temps, parfois en essayant même de faire avancer la science !

Non, non, je ne livrerais pas la conclusion sur un plateau.

Cependant, j’aime bien ces films tirés d’histoire vraie où dans le final, on aperçoit les protagonistes de la vraie histoire avec quelques photographies d’époque. Je me souviens qu’Intouchables finissait ainsi et c’était vraiment touchant.

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La neige d’automne

Il est des années où il n’y a point de neige à Noël. Cela n’arrive certes pas souvent, une fois par décennie environ. Il est des régions où la neige tombe à l’automne puis ne tombe plus ensuite avant le printemps : la Sibérie, le centre de l’Alaska… Ce sont des climats continentaux avec des hivers très froids donc sec. En effet, plus il fait froid, moins il y a de l’humidité dans l’air. Il est possible de visualiser cela avec la courbe de saturation de l’eau dans l’air (point de rosée) ou plus finement avec un diagramme de Mollier.

Comment lire cela ? En quelques mots, pour une pression donnée, le taux d’humidité possible dans l’air diminue avec la température. Lorsque la température baisse, l’air chargé d’eau se déplace horizontalement de la droite vers la gauche. Si elle franchit la barrière des 100% (point de rosée), l’eau condense et donc une partie de l’eau quitte l’air ! Évidement, cette eau en général tombe au sol…

Bilan, dans le froid Sibérien de l’hiver, par -20°, l’air ne peut pas transporter beaucoup d’eau, il y a donc quasiment aucune chance qu’il pleuve ou qu’il neige ! S’il ne neige pas à l’automne, pas de neige de tout l’hiver.

20Dans les Alpes iséroises, la neige est bien arrivée. Déjà, ou seulement selon les points de vue, 30 cm au col de Porte d’après la balise nivose du Centre d’Étude de la Neige (CEN). Ce n’est déjà pas si mal. Quelques stations ont d’ailleurs ouvert des pistes de skis sur leur domaine. Mais en cas de réchauffement (tempête d’ouest, vent du sud…), chose relativement classique sous nos latitudes début décembre, il risque de ne plus rester beaucoup de blanc à Noël.

Les deux photographies ont été prises samedi dernier et dévoilent un Belledonne magnifique de pureté.

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Marat 1793

En 1793, le samedi 13 juillet, Jean-Paul Marat est assassiné chez lui par Charlotte Corday. Tout cela se passe dans l’après révolution française. Parfois je ne sais plus et on ne sait plus qui sont les bons et les méchants… Les histoires de ces deux-là sont très intéressantes à lire et Wikipédia se lit comme du petit pain. Au final, on se dit qu’on n’y connaît pas gros choses à notre révolution !

Donc le 13 est un samedi, pour le savoir, vous pouvez lancer la commande «cal 1793» sous votre ordinateur tournant sous GNU/Linux. Vous avez alors un beau calendrier annuel dans votre terminal. Pour les autres OS (Operating System), débrouillez-vous !

La Mort de Marat a été peinte la même année par l’artiste Jacques-Louis David. Ce nom ne vous dit peut-être rien, car vous n’êtes pas accro de la peinture néo-classique. Cependant vous l’avez forcément rencontré une fois dans votre vie dans un livre d’histoire ou au musée du Louvre, par exemple via Le Serment des Horaces, Le Sacre de Napoléon ou le Combat de Mars contre Minerve… D’ailleurs, difficile de ne pas avoir vu le sacre un jour dans sa vie. Ce tableau est impressionnant à tout point de vue !

Comme le tableau de cet assassinat a eu de nombreuse répliques et copies (dont une au Louvre), il était parfaitement logique que l’art éphémère en reprenne le thème un jour, pourquoi pas sous forme de graffitis. Cette version street art magnifique, toute en couleur, réalisée en 2010, est ici mise en boite en février 2012. Elle est encore pétante de qualité. Depuis, le temps à fait son œuvre. Il faut dire que cette petite baraque hébergeant une expérimentation sur la digue du campus de Saint-Martin-d’Hères n’est qu’à quelques mètres de l’Isère. Une zone qui est donc particulièrement humide toute l’année.

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Plus dure sera la chute

Nous en parlions il y a quelque temps et voila que c’est désormais fait : Evo Morales a démissionné de son quatrième mandat, après seulement quelques semaines.

Pourquoi ?

Pas pour se faire plaisir… Cela est une certitude. Un petit rappel des faits.

  • En 2016, Evo perd un référendum constitutionnel devant lui permettre de briguer un quatrième mandat présidentiel. Mais une décision du Tribunal constitutionnel par la suite (28 novembre 2017) lui permet de passer outre ce référendum. C’est la première alerte rouge et le premier franchissement d’une ligne blanche à pleine vitesse !
  • Le 20 octobre 2019, il gagne les élections présidentielles dès le premier tour avec 47,08 %, son adversaire le plus proche, Carlos Mesa, est à 36,51 %. La règle en Bolivie est claire, avec plus de 40 % au premier tour et plus de 10 points d’avance sur le deuxième, il est élu sans second tour.
  • Cependant, après des annonces en fin de scrutin beaucoup plus serré, une dalle de chape se met en place et plus aucun résultat provisoire n’est annoncé. Après 24h, un résultat bien plus favorable est annoncé. Evo perds alors la chance de pouvoir être le premier président élu au suffrage universel au second tour. Sa dernière chance vient de passer, il va désormais s’enfermer…
  • Le 25 octobre, Morales est officiellement déclaré vainqueur par le Tribunal Suprême Électoral. Cependant des grèves et des manifestations ont déjà commencé. Evo Morales qualifie déjà ces appels de tentative de coup d’État. L’OEA (Organisation des États américains) de son côté recommande la tenue d’un second tour, compte tenu des irrégularités observées durant le scrutin.
  • Le 1ᵉʳ novembre, les autorités boliviennes demandent finalement l’ouverture d’un audit réalisé par l’OEA, l’opposition refuse d’y participer dénonçant un accord conclu « sans représentants de la société civile ni partis politiques ».
  • Le 7 novembre vois un palier se franchir dans l’escalade. La maire de la ville de Vinto est enlevée par des manifestants, qui la font signer une lettre de démission, la mutile (cheveux coupés) et brûle la mairie.
  • Le 10 novembre, les carottes sont cuites. Evo Morales annonce alors le renouvellement de l’ensemble des membres du Tribunal Électoral Suprême, puis la tenue d’une nouvelle élection présidentielle, mais sans préciser de date… Le rapport de l’OEA fait état de fraudes importantes. Sous la pression populaire qui tient en otage quelques personnalités, plusieurs ministres et députés démissionnent, dont le président de la Chambre des députés. La COB (Centra Obrera Boliviana, le principal syndicat du pays) demande au président de «démissionner, le cas échéant». Le chef d’état-major de l’armée lâche la présidence en demandant son départ. Le président de l’Assemblée législative plurinationale, la présidente de la Chambre des sénateurs et le premier vice-président démissionnent à leur tour. Evo annonce alors enfin sa démission !

On verra qui va assurer l’intérim. A priori, cela devrait être Jeanine Áñez, seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs, qui est membre de l’opposition. Il faut surtout espérer que la situation désormais se calme, il y a déjà trop de morts et de blessés. Cependant, avec des mandats d’arrêt à l’encontre des membres de la commission électorale, il n’est pas sûr que la tension retombe rapidement.

Quelle est la réaction de quelques médias français.

C’est amusant de voir une certaine unanimité sauf d’un journal qui tombe dans la facilité de l’opposition d’extrême gauche, comme si la chute du mur de Berlin et de l’URSS n’avaient pas existé, il y a tout juste 30 ans.

Lors de notre voyage en 2018, nous n’avons rencontré aucun Bolivien qui soutenait Evo. Tout le monde trouvait qu’il avait fait son temps, qu’il y avait une certaine dérive autoritaire du pouvoir et que la culture de la Coca cachait peut-être un trafic étatique ? Qu’on soit de gauche ou de droite, les éléments convergeaient depuis des mois tous vers le mandat de trop. Il aurait pu enfiler la statue du commandeur, il va chuter du haut de sa tour de verre. Soutenir son mouvement, soutenir ses actions et sa politique, oui je le comprends, notamment quand on compare la Bolivie d’aujourd’hui de celle d’il y a 20 ans. Un bon projet communautaire se doit d’être porté par plus d’une personne. Pourquoi soutenir le bonhomme, c’est pas très communiste dans l’âme à mon sens. C’est tout le projet qui va a sa perte !

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Gozo typique

Une petit vue typique de l’île de Gozo prise il y a deux ans tout juste. Des champs entourant un village, pas très très grand et au centre trône une église monumentale. Gozo est au nord de l’archipel maltais et le paysage est un peu le même entre les deux îles. Il m’a cependant semblé qu’il y a moins de champs dans la grande île de Malte que sur Gozo.

Cette dernière est donc certainement plus typique et moins envahi par l’effet paradis fiscal que sa sœur aînée. Si on a la chance de passer plusieurs jours dans l’archipel, cela vaut vraiment le coup de prendre le bac pour passer quelques nuits au nord.

Les villages sont donc complètement regroupés autour de leur église. Pas de lotissement à perte de vue comme en métropole, c’est une bonne chose. Les champs semble très vert mais c’est la fin de l’automne, presque le début de l’hiver. En plein été, la même photographie doit bien plus faire penser à la Palestine historique…

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Estivale au Ventoux

Un an après, on remet cela mais dans des conditions opposées. L’an passé, il faisait froid, on ne voyait pas le sommet. Cette année, même s’il ne faisait pas 40°, il fait bien beau, le sommet est dégagé. Ça fait du bien de faire l’ascension sans K-Way ! En plus, cela tombe bien, je suis resté sur ma selle et n’en est pas eu besoin, je l’avais oublié à Montbrun-les-Bains

Comme il y a deux et trois ans, j’aurais bien un grand tour, mais mon vélo, mon super vélo accuse les ans et depuis la veille il était en réparation pour fuite d’huile dans le frein avant. Plus de plaquette non plus. Bref, il est resté en magasin se refaire une beauté. Je suis donc parti sur cette ascension par la voie la plus rapide depuis notre lieu de villégiature avec le VTT de mon fiston. Avec ses gros pneus peu gonflés, peu envisageable de faire 80 bornes enchaînant les cols et les descentes sans entraînement spécifique. Ce deux roues à pédales n’a pas gros chose à voir avec mon VTC Lapierre Cheyenne de l’autre millénaire !

Enfin bon, c’était bon d’être en haut il y a tout juste une semaine. En plus, je crois avoir mis 30 min de moins qu’en 2015. Il roule pas si mal ce VTT, où j’étais pas si mal entraîné cet automne.

Du Ventoux, la vue à 360° est toujours fantastique, un peu trop peuplé d’humanoïdes en super forme allant trois fois plus vite que moi et de quelques tire-portraits (trois) sur les derniers kilomètres. Enfin, le paysage lunaire relègue ces soucis sociaux vers des lieux où les ondes acoustiques ne se propagent pas.

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Patapont

Difficile de ne pas flasher sur ce pont dès le premier regard. Sa couleur jaune repose et attire inexorablement l’œil. Il a par ailleurs un petit coté enfantin, ne trouvez-vous pas ?

En effet, il me rappelle les jeux avec les petites voitures de mon enfance. On avait des circuits couple permettant de faire des loopings. Il existe même ce genre de chose avec certains modèles de circuits de voiture électrique, mais nous n’avions pas cela chez nous, il fallait squatter celui d’un copain. À cette époque-là, il n’était pas encore possible de tout avoir !

Donc ce pont, on a envie de courir à fond dedans, à la Usain Bolt, avoir la tête en bas au milieu pur arriver de l’autre côté comme si de rien n’était. Cela doit être tout bonnement génial.

L’œuvre n’est seulement pas accessible à au commun des mortels. Elle est là pour mettre un peu d’art au milieu de cette pelouse arborée. On n’a pas le droit de la toucher. Dommage… D’ailleurs, la photographie a été prise en 2016 au Futuroscope, il est possible que le pont est depuis coupé ses attaches avec le parc et se soit mis à voguer dans d’autres océans depuis.

L’artiste à l’origine du projet est Laurent Gongora. Il est possible de retrouver le plasticien dans un podcast du France-Culture.

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Rotors en tandem

Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre ce monstre des airs. Un hélicoptère à double rotors en tandem. Il existe d’autres modèles de double rotors, mais je ne les ai pas sous la main, ni dans ma collection de photographie !

C’est Franck Piasecki, un Américain aujourd’hui décédé, qui a beaucoup poussé à ce type de conception via son entreprise Piasecki Helicopter. Mais ceci n’est pas un Piasecki !

C’est clairement une machine militaire, que l’on voit régulièrement dans les films d’action américaine. Vous avez évidemment reconnu comme dès la première seconde un Boeing CH-47 Chinook. La première version, le CH-47A, pars en mission dès 1966 lors de la guerre du Vietnam. La dernière version, le CH-47F, est sorti des chaînes de montage en 2006. Les armées de 20 nations en sont équipées mais la France n’en fait pas partie. Cela dit, je ne sais pas trop ce que nous pourrions en faire. Ce gros truc doit consommer un maximum et être une cible idéale dans les conflits.

Alors celui-là ?

Celui-là n’a aucun signe distinctif, aucune cocarde, rien. C’est assez étonnant… Pour connaître sa nationalité, il faut savoir où a été prise la photographie. Nous sommes sur l’île de Texel. A priori, le pays concerné a 31 CH-47 en 2019 (17 avant) avec deux variantes. Il n’est pas étonnant d’en voir de temps en temps au-dessus des magnifiques plages de ce plat pays : les Pays-Bas.

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Morales

On le voit partout, enfin, on le voyait partout. Cela dit, on le voit quand même partout et on va le voir partout dans un futur proche…

De qui, de qui ?

Evo, le président actuel de la Bolivie ! Il remporte l’élection en décembre 2005 et devient président en janvier 2006. Il y a maintenant plus de 13 ans.

  • Premier mandat : 2006 – 2010. Réforme constitutionnelle de 2009.
  • Second mandat : 2010-2015 (le mandat est passé à 5 ans). L’affaire Edward Snowden attire son avion au sol…
  • Troisième mandat : 2015-2020. Après l’échec du référendum de 2016 lui permettant un éventuel 4e mandat, une petite bidouille juridique du tribunal constitutionnel bolivien décide fin 2016 qu’il pourra rejouer. Le début des ennuis ? Dans la foulée, il change de palais présidentiel en 2018, le début de la tour infernale : Casa Grande del Pueblo ?
  • Quatrième mandat : 2020-2025 ? Après des résultats où il ne gagnerait pas dès le premier tour (il faut avoir soit plus de 50%, soit plus de 40% et 10% d’avance sur le second), les annonces des résultats sont mises en suspends 24h avant d’annoncer plus de 10 points d’avance pour Evo !

Jusqu’où tout cela va-t-il aller ? Il est clair que le cumul des mandats instaure à chaque fois des suspicions de plus en plus forte. Il est clair qu’il semble de plus en plus mégalo et de plus en plus loin des petites gens. Cependant, on ne peut nier que durant ces trois mandats, la Bolivie a aussi énormément changé. Mais faut-il tout changer pour suivre le développement technologique frénétique de l’occident lorsqu’on voit où cela est en train de nous mener, vers un réchauffement généralisé ? Les Boliviens n’étaient-ils au final pas mieux armé pour affronter la société de demain avant le boom Morales que maintenant ? EVo n’est-il pas arrivé au final 30 ans trop tard ?

Ce qui semble clair est que le résultat de l’élection donne l’impression d’avoir été bidouillé. Une bonne partie de la population ne lui fait plus confiance. À force de vouloir rester sur le trône coûte que coûte, il pourrait finir par voir sa tête tranchée. Dommage, il aurait pu partir avec les honneurs nationaux et internationaux et finir sa vie comme une sorte de semi-dieu vivant, au-dessus de la mêlée…

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Pilote de port

Un métier peu connu est pilote de port. Derrière ce mot ce cache une fonction qui peut être très loin de ce que l’on peut imaginer au premier abord.

Un pilote de port n’est pas du tout chef d’un port. Ce n’est pas le directeur. Il n’a aucune fonction administrative sur la gestion d’un port… Il ne dirige pas non plus la direction que prend un port, les aspects techniques, le développement, sa direction par rapport au vent… Rien de tout cela en pratique.

Un pilote ne pilote pas un port. Point final.

Alors que fait-il ?

Il pilote tout bêtement les bateaux qui entrent et sortent d’un port. En effet, chaque port étant particulier, chaque quais demandent une trajectoire adaptée, ce n’est plus la capitaine qui dirige la manœuvre lors de ces moments là mais le pilote. L’objectif est d’éviter les tamponnade de bateau comme parfois dans les parkings souterrains avec les voitures qu’on retrouve rayées… Lors de ces entrées sorties de port, le pilote est seul maître à bord, c’est lui qui décide et donc est aussi responsable a priori en cas de casse !

C’est bien beau tout cela mais le rapport avec les belles images ?

En effet, c’est bien beau ces photographies prisent depuis le pont supérieure. Lorsqu’un petit bateau comme cela, bien motorisé, bien protégé des intempéries, tourne autour d’un grand et viens lui faire une caresse, en générale latérale, il y a un pilote de port pas loin ! Dans le cas présent, nous étions sur le chemin allé vers la Sardaigne, il fallait donc entrer dans le port. Le pilote est donc amener au ferry et l’opération délicate et dangereuse pour lui est de passer d’un bord à l’autre. Il n’est pas possible d’être bien attaché des deux cotés (il y a quand même une ligne de vie), car en cas de danger, il pourrait y avoir risque d’être écartelé ! Donc il saute sur une échelle de corde et remonte le bastingage jusqu’à la première porte. En général, l’opération se réalise toujours sous le vent, là où la mer est la plus calme… Par mer démonté, cela doit être quelque chose ! D’ailleurs, dans les cas très compliqué, le pilote est descendu depuis un hélicoptère.

Une fois le pilote à bord, la navette repars au port vide de pilote, mais avec tout de même un skipper !

Dans l’autre sens, lorsqu’un navire quitte le bord, le pilote monte à bord à quai et quitte le navire en pleine mer. Idem, le passage d’un bord à l’autre doit parfois être chaud chaud bouillon. Attention à ne pas perdre un pied ou une main en se le faisant coincer entre les deux navires…

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ICE

C’est peut être, certainement, sûrement, mon titre le court depuis le début de cette longue série. Cependant, je n’y peux rien, ce train légèrement futuriste qui nous vient du passé n’est autre qu’un ICE allemand.

En France, on a toujours tendance à sous estimer les trains allemands. Il faut dire qu’avec nos TGV, on se croie les rois du monde !

On voit ici que le train rapide germanique sait aussi s’accoupler deux à deux, sans jamais faire de petit. La forme blanche et noire donne une impression aérodynamique renforcé, est-ce parce que cela fait penser aux avions ? C’est certainement pas innocent avec le fin liserait rouge sur le bas qui augmente cette impression de vitesse.

Pour enchaîner sur un point négatif, on voit clairement qu’il y a un boggie à l’extrémité de chaque voiture. Il n’y a pas d’anneau d’intercirculation, le fameux anneau qui est presque devenu la marque de la grande vitesse à la française. Pas à dire, cette architecture à boggie semble quand même d’un autre siècle, même si elle est toujours très efficace.

Elle est d’ailleurs pour une raison assez simple, sur un ICE, tous les essieux sont moteurs. La motorisation asynchrone est répartie sur l’ensemble du train. Pas besoin sur ce train d’avoir une locomotive à l’avant. C’est un choix opposé à celui qu’avait fait la SNCF. De ces deux choix ont donné deux trains à l’origine très différents. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’avec le temps, il y a de plus en plus d’élément commun entre les deux chemins. Le prochain TGV aura lui aussi cette motorisation.

Mine de rien, on est face à deux ICE 3, la dernière génération d’ICE datant de l’an 2000 tout de même. Il y a bien un train pendulaire qui a été créé ensuite mais c’est plus afin d’augmenter la vitesse sur les lignes classiques que d’améliorer la performance sur les lignes dédiées.

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Dolore e gloria

Amusant ces deux affiches, quasiment la même, avec la même ombre en arrière plan et un Antonio à gauche en français et à droite en espagnol. Clairement, les deux affiches ont été réalisés par la même équipe de communication.

Le dernier film de Pedro Almodóvar est de nouveau une merveille. Comment fait ce réalisateur pour ne pas faire plus de navet. Il y a toujours plein de couleur, plein de vie, des dialogues réellement intéressant avec de l’émotion gravée sur la pellicule. Mais son cinéma ne tourne pas en rond comme on a parfois l’impression avec les films de Woody Allen qui donnent de temps en temps un air de déjà-vu. Je ne me souviens pas avoir vu chez Pedro un bout de Pedro à l’écran aussi présent.

Dans Douleur et Gloire, nos deux acteurs fétiches sont présents. Penélope Cruz et le jeune Antonio Banderas qui n’est tout jeune. Sacré bonhomme, déjà 60 au compteur, Pénélope en a 15 de moins. Incroyable, je le croyais plus jeune qu’elle. Les années tournent pour moi aussi !

De quoi parle ce film ? D’un réalisateur de cinéma dont la vieillesse, les douleurs, l’empêche d’avoir la moindre inspiration. Pas n’importe quel cinéaste, un cinéaste très connu qui jeune habitait la campagne et monte à la capitale, Madrid, vers 20 ans. On voit d’ailleurs que la campagne il y a 50 ans, belle, est tout de même bien plus pauvre que de nos jours. Mais comme souvent avec Almodóvar, la pauvreté peut être très belle. Parfois il en rajoute un peu comme le coup du tableau, vous n’avez pas vu le film, tant pis pour vous. Enfin, ce coup de toile n’était pas nécessaire et me semble le seul point noir du film.

En voyant cette pellicule, impossible de ne pas penser que Pedro prépare sa sortie, sa retraite. Il y a un semblant d’autobiographie avant l’heure. Je suis persuadé que dès le début du projet, dans sa tête, seul Antonio pouvait incarner son personnage. C’était écrit.

À voir absolument, forcément…

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Robuste

Il y a des mots associés à des fonctions. Il est fort probable que cela soit plus traditionnel dans la marine qu’ailleurs. Par exemple, les premiers SNLE français avait pour nom la série : Le Redoutable, Le Terrible, Le Foudroyant, L’Indomptable, Le Tonnant, L’Inflexible, Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant, Le Terrible

Il est possible que Robuste fasse partie d’une autre série.

On trouve déjà un premier Robuste qui a fait son service de 1960 à 1993, seulement 33 ans, cela semble presque peu pour un bateau. C’est un remorqueur côtier de la marine nationale.

Ensuite viens le second Robuste, mis à l’eau en 1999 sous l’appellation Farouche avant de devenir l’Abeille Antifer et de changer encore une fois de nom. Il faut suivre ! Il est encore à flot ce jour, enfin plutôt sur cale cet été au fond du port de pêche… Une petite remise en beauté après 20 ans de beau et loyaux service. C’est vrai qu’il ne faisait plus pimpant neuf en cette mi-août. Avec ces 3 532 chevaux répartis sur deux hélices pivotantes, tel des projecteurs pointés sur leur cible, c’est clair que cet engin très manœuvrant n’est pas là pour remorquer les voileux du dimanche. C’est aussi un remorqueur côtier mais de la marine marchande.

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Maison au Mont-Cenis

Peut-on parler de maison pour une ruine dont il ne reste même plus les quatre murs ? Question éminemment philosophique qui fera le bonheur des pauses cafés de nos amis littéraires. Vous avez deux heures !

De mon côté, je suis resté sur le côté délicieux des couleurs concernant les pierres centenaires, érodées par le temps, pétries par la mousse et les champignons. Elles rougeoient bien avant le soleil couchant et bien après son lever du matin. De nuit et sans clair de Lune, ne cherchez pas les couleurs, tout n’est plus alors qu’ombre d’une pellicule noir et blanc. C’est magique aussi.

Ce n’est pas l’unique ruine qui borde le lac du Mont-Cenis, il y a tout plein sur les versants Sud, moins raides, plus vallonnés, à l’Est du Signal du Petit Mont-Cenis, 3162 m tout de même (le Signal du Grand Mont-Cenis est au Nord du lac).

En cette fin octobre 2006, l’idéal pour voir de la neige est de regarder au Nord, vers la pointe de Ronce, 3612 m, le point culminant du massif du Mont-Cenis. Pas de chance, il ne rentre pas dans le cadre mais déborde sur sa partie supérieure. Pas à dire, la photographie est complètement ratée et ne ressemble à rien.

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Une maille à l’envers

Une maille dans chaque sens, c’est le point de côtes au tricot. Certes, plus souvent deux et deux ou trois et trois, rarement juste l’unité mais l’idée est là. Quelle idée ?

Sur l’envers du Coq, une fois cela passe, une fois cela ne passe pas.

Enfin, moi, superman, je passe à tous les coups, souvent à 3 km/h et même en mettant les pieds dans l’eau, surtout en me mouillant les pieds !

En ce début juin 2019, la route est dans un état lamentable. L’hiver a été terrible. Ce n’est plus une tranchée que le torrent à fait dans la route, car il n’y a tout simplement plus de route sur toute la largeur de celle-ci. Il n’y a pas non plus de trace de fondation. Ici, il ne reste rien de la D30E en ce lieu. Plus on attend, plus cela va être difficile et coûteux de réparer.

Le point positif, les troncs d’arbres ont été coupés. La commune a enfin décidé de faire quelques travaux… S’ils avaient fait cela avant l’hiver, avec un petit coup de pelleteuse et l’eau n’aura pas ravagé toutes les fondations… Certes la commune de Saint-Hugues-de-Chartreuse n’est pas riche mais une journée de tronçonneuse et de mini pelleteuse, c’est difficile de croire que ce n’était pas accessible. À force de faire des demandes de subventions auprès de la région, la note s’est bien multipliée…

Une fois le passage laissé derrière nous, on se dit que le goudron déroule son tapis noir sous nos roues jusqu’au sommet du col. Cela sera facile. Non, cela ne sera pas facile, car les murs raides, voir très raides, ne sont pas finis. Et puis, un kilomètre en amont, patatras, plus de goudron sur plusieurs portions, mais encore les fondations, un torrent a creusé sur plus d’un mètre de profondeur le bas-côté. En haut du mur, un torrent d’eau avait effectivement changé de chemin et pris celui des écoliers… C’est le problème de ne plus entretenir une route de montagne et de ne plus avoir de véhicule de service dessus, elles peuvent se dégrader très très vite !

La bonne nouvelle est qu’au jour d’aujourd’hui, la route a bien été rétablie !

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Barrage de Sarny

Cela fait quelque temps que nous n’avons pas été sur l’Eyrieux, un affluent du Rhône s’enfonçant dans l’Ardèche du Nord dans des territoires peu connus menant, entre autres, à la commune Le Cheylard bien sympathique. En aval de celui-ci se trouve le barrage de Collanges que nous sauterons pour aller directement au suivant, le petit mais sympathique barrage de Sarny.

Autant l’un est imposant, autant l’autre est discret.

D’ailleurs, est-ce bien un barrage ou juste une retenue d’eau ? Un peu des deux certainement, car cette retenue produit tout de même un petit peu d’électricité, c’est que nous annonce EDF Saint-Agrève, sans donner de chiffre précis de la production annuelle.

Photographié depuis la voie verte Dolce Via, le mur de béton coupant la rivière se fond plutôt bien dans la vallée étroite à cet endroit. Pas de voûte, pas de gros mur, une pente à 45° coupant le lit de la rivière. C’est juste assez discret. Par contre, comme pour son grand frère, on ne sait pas trop ce qui a été prévu pour les poissons, comme franchissent-ils l’obstacle ? Je doute qu’ils arrivent à sauter les 2 à 3 m de haut de la retenue !

Si la question métaphysique des poissons ne vous émeut guère, vous êtes peut-être plutôt joueur. Dans ce cas-là, il est possible de jouer à geocaching dans cette vallée de l’Eyrieux, plus de 30 balises vous y attendent. N’y ayant jamais joué, je découvre comme vous ce jeu ce jour et je ne pourrais pas vous évoquer le côté ludique de la chose. Je suis cependant sûr que des enfants s’y amusent au début, mais 30, c’est peut être un peu long pour eux… tant en distance qu’en durée.

Adresse géographique : geo:44.8932,4.4946?z=12

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Figaro Classe 3

Par une grande et belle journée d’été en Bretagne, quelle bonne idée que d’aller sur les quais de la base de sous-marin de Keroman. Dans ce haut lieu de ce territoire à fleur de sel, la mutation de Lorient vers la voile du grand large est bien ancré à quais.

Dans les arrières rues de cette presque assez minuscule si on enlève les quatre K de sa surface, on trouve quelques merveilles que 95% des visiteurs ne voient pas. Mais ouvrez donc les yeux quand vous visitez un lieu. Ne restez pas le nez sur le quai mais regardez derrière la friche. Bref, dans une arrière-cour fermée des personnes tactiles voulant toucher pour croire, se cache un paquet de bateaux identiques de couleurs toutes différentes.

Clairement, ce sont des bateaux de compétition.

En effet, je vois mal papy et mamie partir faire un petit barbecue en mer sur ces ponts-là tous les dimanches… Cela sent la coque racée, la quille typée, un gréement dormant pas du tout en sommeil mais prêt à profiter de la moindre lame d’air pour impulser une accélération radicale à l’ensemble. Au-delà qu’ils soient beaux, ils sont aussi tous pareils. Nous sommes face à des monotypes.

¿Qué es?

Ben, ce sont des bateaux tous pareils, on vient de le dire ! Une classe monotype est une classe où tous les concurrents, tous les compétiteurs, disposent du même navire sur la ligne de départ. Celui qui gagne ne gagne donc pas parce que son budget est 10 fois supérieur et qu’il a un meilleur design de coque. Non, il gagne parce que ce jour-là, il est le meilleur, il s’est mieux débrouillé et parfois a eu un petit coup de chance. Ce n’est pas toujours les marins les plus médiatiques qui gagnent, même en monotype. Mais les marins médiatiques sont loin d’être mauvais, ne le coulons pas trop vite.

Ces bateaux bien classes, ils ont un petit nom double : Figaro Bénéteau 3. Tout a du sens dans ce nom. Figaro pour la solitaire du Figaro, une des pièces maîtresses de la course depuis 1970 tout de même ! Bénéteau pour le constructeur, le numéro un mondial je pense, un peu de publicité ne fait pas de mal. Enfin 3, car la course depuis 1991 se court en monotype. Nous en sommes à la troisième génération de voilier.

C’est tout !

Vous avez rien remarqué sur ces photographies remarquables ? Les monotypes ont des moustaches, c’est la première fois que des monotypes monocoques de haute mer ont des foils. Évidement, ces bateaux n’ont pas été conçus pour faire le tour du monde, ils sont bien plus généralistes, devant naviguer à toutes les allures, mais toujours à fond. Les foils sont donc très différents de ceux des IMOCA modernes. Ils semblent inversés. N’en doutez pas, tout cela a été longuement réfléchi et testé par le cabinet d’architecture Van Peteghem Lauriot-Prévost.

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